Sophie et la Brasserie Blüeme

Interviews
Publié le 30/09/2019, par Mathieu

En 2019 encore les micro-brasseries ont poussée comme des champignons. Ou plutôt comme des pâquerettes, car la Brasserie Blüeme fondée par Sophie en début d’année est spécialisée dans les bières aux plantes et aux fleurs. C’est en fréquentant le milieu brassicole strasbourgeois que j’ai fais la rencontre de cette jeune passionnée en pleine reconversion qui a frappé très fort d’entrée de jeu en proposant l’une des bières les plus savoureuses que j’ai pu goûter cette année.


© Emmanuel VIVERGE | www.tmt.photo

Top Beer : Bonjour Sophie, pourrais-tu te présenter pour nos lecteurs qui ne te connaîtraient pas et nous résumer ton parcours ?
Sophie : Bonjour, je suis Sophie Peuckert, j’habite à Strasbourg, d’où je suis originaire. J’ai effectué cinq années d’études en design graphique, travaillé quelques années dans le domaine pour ensuite vouloir faire une reconversion. J’ai créé la Brasserie Blüeme en janvier 2019.


Tu as une formation de graphiste et tu travailles encore actuellement dans le spectacle vivant, d’où vient ta passion pour la bière et pour le brassage ?
J’ai toujours apprécié la bière, le produit, en boire… Toute cette notion de partage que j’apprécie tant ! Tout a changé lorsque j’ai travaillé pour le Strasbier en 2018. J’ai rencontré des brasseurs, tiré des bières toute la journée… J’ai su que c’était ce que je voulais faire.



Tu nous raconterais comment c’est passé ton premier brassin ?
Mon premier brassin ? Comme beaucoup, dans ma cuisine. Et c’était bien drôle ! Petite anecdote, je me suis fait réveiller une nuit car le barboteur avait été éjecté de la dame-jeanne jusqu’à mon plafond avec un bon jet de bière… Merci pour le boulot les levures, j’ai apprécié nettoyé ma cuisine vers les 2-3 heures du matin.


Le nom de ta brasserie signifie “fleurs” en alsacien et les plantes occupent une place importante dans tes recettes, un créneau finalement peu occupé même dans la « craft beer », c’est une volonté de se démarquer ?
C’était un parti-pris qui me tenait à cœur : j’ai toujours apprécié l’herboristerie, j’ai toujours voulu faire une formation, mais qui n’existe plus en France. La médecine à travers les plantes, revenir aux anciens, c’est très important pour moi. Les fleurs et les plantes m’ont toujours rendue curieuse, j’apprécie la nature. Et oui, je pense que dans le domaine brassicole, si on n’a pas une piste différente, alors ce sera difficile de perdurer. Avec le nombre de microbrasseries qui ouvre chaque année, on sait pertinemment que celles qui vont rester c’est celles où il y a la qualité du produit mais également un parti-pris fort et reconnaissable entre tous. C’est ce qui rend singulier un(e) brasseur(se), une brasserie.



Avant de te lancer en solo tu as élaboré plusieurs recettes avec Quentin de la Brasserie du Vallon, pourrais-tu nous raconter cette collaboration ?
La collaboration est venue naturellement avec Quentin. On s’est rencontrés lors du Strasbier justement. Il m’a gentiment proposé de venir voir un brassin. Je n’ai pas hésité et 2 semaines après on était en plein brassage. Quentin est brasseur depuis 2016, et, lorsqu’on est seul dans sa microbrasserie, on ressent l’envie de partager, explorer… à plusieurs brasseurs. Je t’avoue que je ne sais même plus à quel moment on s’est dit « c’est parti, faisons des collabs ». Mais c’est allé très vite. Et on a enchaîné avec des événements dans tout le Grand-Est depuis avril. À deux, c’était plus sympa et on rigolait bien.


Suite à ce partenariat vous avez sillonné l’Est de la France de foires en festivals, quel a été l’accueil ? Est-ce que ça surprend encore une femme qui brasse de la bière ?
On a toujours eu un super accueil. Puis c’était nos premiers événements, on était forcément très motivé ! Et oui, ça surprend encore. Surtout quand on dit qu’on est gérante et brasseuse, que l’on est seule à bord de la brasserie. Que l’on est jeune aussi. Il faut avoir du caractère et être un minimum forte. Il y a beaucoup de curieux mais aussi des encouragements, ce qui fait très plaisir !


Tu es l’une des rares brasseuses en Alsace, et la plus jeune je crois, est-ce que c’est un frein ? Comment as-tu été reçue par la profession ?
Ça a été un frein pour certaines demandes de financement en effet. Ça fait peur de voir une femme dans un milieu encore trop masculin. Dans l’esprit collectif, c’est malheureusement encore difficile à concevoir. Mais cela m’a également ouvert des portes sur des belles opportunités ! Au niveau de la profession, j’ai été bien accueilli. Je dis souvent que nous sommes des
confrères et non des concurrents, nous avons chacun nos domaines de prédilection, on ne se marche pas dessus. C’est un domaine où on lie le professionnel et l’amitié, petit coucou aux copains brasseurs !


Tu as lancé une campagne de financement participatif qui s’achève bientôt, comment ça s’est passé ? Etait-ce une étape obligée pour financer ta brasserie ?
Je ne pensais pas que ça allait me prendre autant de temps. Déjà que l’on coure après tout quand on est seul, on est un peu un couteau suisse, mais là… On ne compte pas les heures. La bière était déjà bien présente dans ma vie, mais là, elle est omniprésente. Heureusement que ma famille et mes proches me soutiennent.
Au départ, je ne voulais pas faire un financement participatif, mais, avec les aléas des prêts, c’est devenu un passage obligatoire.


Comment vois-tu la suite pour la brasserie Blüeme, c’est quoi la prochaine étape ?
La prochaine étape est de pouvoir brasser dans mon local. Les travaux prennent beaucoup de temps. Mettre en place une ouverture officielle de la brasserie. Ensuite, concevoir mes recettes saisonnières, explorer encore et toujours plus. Embaucher quelqu’un aussi.

 

Propos recueillis par mail.

La campagne KissKissBankBank de Sophie s’achève le 2 octobre 2019.




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