Le Demitorial n°3

Éditos
Publié le 09/05/2018, par Mathieu

Au début de la rédaction de ce troisième numéro on était encore en avril. Je voulais alors vous parler de nouveau du SNBI, de leur réponse à Brasseurs de France, de leur nouveau label, mais je me suis dit que ça allait devenir lourdingue. Alors après j’ai douté, hésité, je suis tombé malade, j’ai bossé, re-bossé, avancé sur d’autres trucs pour le site et pendant ce temps, le Demitorial pourrissait au fond d’un placard. Il était temps de mettre de faire quelque chose.


Pas de Jupiler pour Jupiter

“Moi, je bois du vin le midi et le soir. Il y a un fléau de santé publique quand la jeunesse se saoule à vitesse accélérée avec des alcools forts ou de la bière, mais ce n’est pas le cas avec le vin.”

La petite tirade m’avait complètement échappé en février dernier. Il faut dire aussi qu’entre la suppression de l’ISF, la hausse de la CSG et la réforme de la SNCF par ordonnances qui se profilait, j’étais déjà pas mal deter et j’en aurais eu un peu rien à carrer. Mais c’est visiblement loin d’être le cas de Gabriel Thierry qui, à travers son blog sur la bière nous livre une petite analyse de la sortie présidentielle.


Si le second point de son argumentaire m’apparait plutôt intéressant, contrairement au deux autres, l’auteur me semble cependant passer complètement à côté de ce qui apparaît comme l’une des caractéristiques les plus flagrantes de notre Président par défaut : le mépris de classe.


Car Macron méprise. Tout, partout, tout le temps. Quand il ne dit pas des ouvriers de GM&S, en lutte pour leur emploi, qu’ils feraient mieux de chercher un poste plutôt que de “foutre leur bordel”, Manu explique que la meilleure façon de s’acheter un costard est de travailler. Pour lui les salariées de GAD sont illettrées, une France sur les rotules a besoin d’être “remise au travail” et les gares sont peuplées de “gens qui ne sont rien”. Un siècle de travail ne suffirait pas à un moine copiste pour compiler l’ensemble de ses déclarations condescendantes.


En essence, ce n’est pas la bière que Macron n’aime pas, mais le peuple. Car même si le milieu brassicole a pu s’embourgeoiser ou même se “gentrifier” avec l’essor du craft, la bière reste la boisson alcoolisée prolétaire par excellence, celle de l’ouvrier exténué et de l’étudiant désargenté. Peu importe la variété et la qualité des bières actuelles, hors de question pour Macron d’associer une seule seconde son image aux classes populaires qu’il exècre. Et bien que le picrate ait lui aussi parfois sa place sur les tables précaires, il dispose de cet aura de prestige, de luxe et de raffinement que n’a pas la bière.


Le vin est le nectar des bourgeois et des puissants, et en affirmant qu’il en consomme régulièrement, Macron ne fait que rappeler qu’il en fait partie.


Et vous savez quoi ? Tant mieux. On peut boire de tout, mais pas avec tout le monde. Et personnellement, la compagnie d’un libéral dénué de toute humanité ne me donne guère envie de trinquer.




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IndieFagMafia

« On peut boire de tout, mais pas avec tout le monde. » J’aurais pas dit mieux

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