Desperados Original

BlondeAromatiséeFond de chiotteFiltréeIndustrielle
5,9 % vol | Canette aluminium 50 cl | Prix constaté : 4,80€/L | Grande surface
Publié le 16/10/2019, par Mathieu

C’est bon, vous avez gagné. J’ai beau m’efforcer de proposer des reviews de bières artisanales, locales et de qualité, mon article sur la Perlembourg reste le plus lu, et ce depuis des mois. Tel Lionel Jospin, je reste fier du travail accompli. Toutefois, j’assume pleinement la responsabilité de cet échec et j’en tire les conséquences en m’attaquant aujourd’hui à la Desperados.


S’attaquer à la Despé, c’est revenir quinze ans en arrière. C’est la boisson alcoolisée typique de l’adolescent en mal d’ivresse, et évidemment je n’y ai pas coupé lors des soirées entre copains. Autant dire que, et même si je ne fais pas mon âge avec mon faciès de poupon que tout le monde m’envie, cela faisait bien longtemps que je n’y avais pas touché.


En 1995, Michel Debus est PDG des brasseries Fischer et Adelshoffen depuis 1966. Ingénieur en biochimie et Maître Brasseur, ce vétéran de l’industrie qui a vu le milieu brassicole évoluer et déjà créateur de l’Adelscott va commettre l’irréparable en donnant naissance à la première bière aromatisée à la tequila. Depuis dix ans sa stratégie consistant à viser les marchés de niche avec notamment des bières aromatisées paie, et ça Heineken le remarque. Le 12 février 1996, le géant néerlandais devient actionnaire majoritaire des deux brasseries alsaciennes, et la restructuration n’est pas loin. En juillet 2000, la brasserie Adelshoffen ferme ses portes, suivie en 2009 par la brasserie Fischer, dont la production est transférée à la Brasserie de l’Espérance, une autre structure du groupe Heineken.


Malgré tout ça et contre vents et marées la Desperados survit, forte d’un grand succès notamment en France, et se voit déclinée dans une multitude de variations. Mais intéressons-nous ici à sa recette originale.


La Desperados est une blonde limpide titrant à 5.9°. Sa robe donne envie de consulter un néphrologue dans les plus brefs délais et elle est surmontée d’une épaisse mousse blanche redescendant rapidement. Le nez est sucré et évoque quant à lui les plus grands crus citronnés de la marque Paic. Au palais on retrouve la même chose, mais en pire. C’est très sucré, vaguement citronné et l’arôme de tequila est plutôt dérangeant. On a vraiment la sensation d’absorber quelque chose de synthétique, d’artificiel. Ceci dit, le corps de la Desperados n’est pas honteux, avec une jolie épaisseur, plutôt moelleux, sans doute aidé par des quantités aberrantes de sucres. La fin de bouche surprend également, sèche comme il le faut, légèrement amère, mais gâchée par les arômes de pseudo-tequila faisandée qui restent sur la langue. Une légère touche d’alcool se fait ressentir, et le sucre, toujours le sucre.




Verdict

Trop chère, trop sucrée et trop mauvaise, la Desperados est certainement consommable à des températures approchant celles rencontrées au niveau du cercle polaire arctique. Toutefois, le réchauffement climatique étant engagé, pourquoi s’infliger ça ? C'est une madeleine de Proust que l’on aurait laissé moisir pendant quinze ans au fond du placard. Il y a des choses qu’il vaut mieux garder au stade de souvenir.

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